Avec Doug Ballantyne : le Core Banking n’est pas l’obstacle. Repenser la modernisation des paiements en Afrique

  • Communiqués de presse
23/06/2026
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MS Solutions Group construit depuis plus de vingt ans l’infrastructure de paiement que la plupart des utilisateurs ne voient jamais, mais dont dépend chaque transaction. Avec une présence croissante dans plus de 30 pays, la plateforme SPARK du groupe se trouve au cœur de certains des écosystèmes de paiement les plus complexes au monde, reliant banques, processeurs, fintechs et commerçants à travers l’émission, l’acquisition, la compensation, le règlement et la gestion de la fraude, au sein d’une architecture unique de bout en bout. Reconnue par le Financial Times comme l’une des entreprises à la croissance la plus rapide en Afrique, MS Solutions Group s’impose discrètement comme le partenaire d’infrastructure de référence pour les institutions qui doivent se moderniser sans avoir le luxe de partir de zéro.

C’est un domaine que Doug Ballantyne connaît de l’intérieur. En tant que Directeur Régional pour l’Afrique subsaharienne anglophone, il a passé plus de 25 ans au cœur de la transformation des paiements en Afrique, des déploiements de switchs nationaux en Éthiopie et au Malawi à l’innovation en matière de paiements au sein de fintechs et d’opérateurs télécoms de premier plan au Kenya, ainsi que dans des banques digitales en Afrique du Sud. Aujourd’hui, son attention se porte sur la prochaine étape de l’infrastructure de paiement africaine : résoudre la fragmentation, rapprocher les capacités de sécurité, de lutte contre la fraude et de conformité LAB (lutte anti-blanchiment), et construire l’interopérabilité transfrontalière qu’exige la croissance du continent.

Nous nous sommes entretenus avec Doug pour comprendre où se dirige réellement l’infrastructure bancaire africaine et pourquoi les avancées les plus significatives du secteur se jouent là où personne ne regarde.


Q: Dans votre travail avec les banques, où observez-vous les progrès les plus significatifs en matière de transformation digitale aujourd’hui, et qu’est-ce qui les motive ?

Les progrès les plus significatifs ne se jouent pas au niveau de l’interface client, ils se jouent en dessous, dans l’infrastructure que la plupart des utilisateurs ne voient jamais. Les banques qui réalisent de vraies avancées aujourd’hui sont celles qui ont cessé de traiter la transformation digitale comme un problème de façade pour la traiter comme un problème de rails de paiement.

Trois pressions arrivent simultanément et imposent le sujet. Les mandats réglementaires, la stratégie nationale des paiements de la CBK, PAPSS qui connecte 19 banques centrales, la migration obligatoire vers ISO 20022, créent des échéances strictes que les seules priorités commerciales n’auraient jamais générées. La concurrence du mobile money a installé chez les clients une exigence de service en temps réel, disponible en permanence, à laquelle les cœurs bancaires historiques fonctionnant par lots ne peuvent simplement pas répondre. Et le renforcement des exigences d’adéquation des fonds propres oblige les institutions à démontrer leur résilience opérationnelle, et non plus seulement à la déclarer.

Les banques qui progressent sont celles qui ont compris que ces pressions ne sont pas séquentielles, mais simultanées. Cela impose au secteur une conversation plus honnête sur l’infrastructure de paiement qu’il n’en a connue depuis longtemps.


Q: Quelles mesures concrètes aident les banques à construire des opérations digitales plus efficaces, réactives et connectées ?

Trois éléments: le plus important est rarement celui dont on parle le plus.

Le premier est l’abstraction progressive plutôt que le remplacement. Les banques qui se modernisent sans rupture opérationnelle le font en construisant une couche passerelle qui parle ISO 20022 vers l’extérieur et ISO 8583 vers le cœur bancaire historique en dessous, simultanément, en temps réel, avec une piste d’audit complète de bout en bout. On ne coupe rien. On ne fait pas tourner des systèmes parallèles indéfiniment. On migre les interfaces progressivement pendant que le cœur continue de fonctionner. C’est remplacer le cockpit pendant que l’avion est en vol, et les banques qui réussissent cet exercice ont planifié le séquençage avec soin.

Le deuxième est l’automatisation du règlement et de la réconciliation. C’est systématiquement le premier point où le risque opérationnel se concentre lorsque les volumes de transactions augmentent, en particulier au point d’intégration entre les rails du mobile money et l’infrastructure bancaire traditionnelle. Les banques qui enregistrent des gains d’efficacité ont investi pour combler cette faille en premier, avant qu’elle ne devienne un constat réglementaire.

Le troisième est l’interopérabilité avec le mobile money. En Afrique de l’Est et de l’Ouest, les banques qui se sont connectées correctement aux écosystèmes de mobile money, pas seulement via une intégration USSD basique, mais avec un véritable traitement direct (straight-through processing) en temps réel et un règlement propre ont constaté des améliorations significatives en matière de fidélisation client et de coûts opérationnels. Celles qui ne l’ont pas fait perdent du terrain chaque trimestre.


Q: Quel est un résultat concret que vous avez livré pour un client bancaire et auquel le secteur dans son ensemble devrait prêter attention ?

Le résultat, c’est la migration réussie des opérations de paiement d’une banque vers ISO 20022, en direct, en production, sans une seule journée d’interruption, alors que le cœur bancaire historique est resté intact et pleinement opérationnel tout au long du processus.

Ce que le secteur devrait retenir n’est pas l’exploit technique, même s’il compte. C’est ce que cela démontre commercialement : le choix binaire entre tout remplacer et ne rien faire est un faux choix. On répète aux banques depuis dix ans que la modernisation du core est un pari pluriannuel, à haut risque, qui se joue au niveau du conseil d’administration. Ce que cette expérience démontre, c’est que la couche de paiement peut être entièrement modernisée, conforme à l’ISO 20022, capable de fonctionner en temps réel, prête pour le transfrontalier sans déclencher ce risque. Le core est une dépendance, pas un obstacle.

À mesure que PAPSS s’étend, que le Fast Payments System de la CBK entre en service, et que les relations de banque correspondante exigent de plus en plus la conformité à l’ISO 20022 comme condition d’accès, cette preuve de concept devient chaque mois plus pertinente pour davantage d’institutions. Les banques qui ont déjà fait ce travail ne sont pas seulement conformes : elles sont positionnées de manière compétitive. Celles qui attendent encore réduisent leur propre marge de manœuvre.


Cette interview fait partie de la série 10DX Tech Talks, des conversations avec les dirigeants qui façonnent l’avenir de la banque intelligente. Pour échanger avec nos experts, contactez-nous dès maintenant.

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